Les insectes et poissons élevés en ville sont-ils heureux ?

Les poissons et insectes élevés en ville sont-ils vraiment heureux ? C’est la question qu’ont posé certains visiteurs de l’événement « Taste of Brussels », qui s’est tenu le 19 septembre dernier, consacré à l’agriculture urbaine. Leurs interpellations portaient par exemple sur la taille du bassin des poissons ou l’obscurité dans laquelle sont plongés les insectes.

Soulignons d’emblée que Groupe One et Village Partenaire sont des organisations qui adhèrent aux valeurs du Développement Durable et qu’il est donc hors de question de reproduire les dérives du système industriel. Les experts en agriculture de Groupe One et de Village Partenaire, qui héberge plusieurs unités expérimentales en agriculture urbaine, invitent ceux qui le souhaitent à les rencontrer et visiter les installations.

De façon très concrète, voici les mesures prises pour :

1. Les carpes élevées en aquaponie :

- il s’agit de poissons d’eau stagnante (mares et étangs), un bassin constitue des conditions de vie similaires ;

- la taille du bassin n’est pas en soi un problème, c’est la densité de poissons qui pourrait l’être (le rapport taille du bassin / poids ou nombre de poissons) ;

- il est nécessaire que les carpes aient suffisamment de place pour nager librement ;

- l’observation quotidienne du comportement des animaux est importante : un animal qui va mal ou qui est stressé se nourrira mal, contractera des maladies, ne grandira pas bien, voir mourra. Dans les élevages industriels de poulet, par exemple, il est normal d’avoir plusieurs décès par jour dus au stress et à la maladie. En deux ans d’exploitation, la serre d’aquaponie n’a connu aucun décès ni maladie, et n’utilise aucun médicament ;

- une analyse de l’eau est réalisée chaque semaine pour en vérifier la qualité. Le système aquaponique est auto-filtrant – c’est tout l’intérêt du système – néanmoins, des problèmes pourraient subvenir et provoquer un excès de nitrate toxique.

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2. L’élevage d’insectes :

Le producteur de grillons présent au Village Partenaire accorde une grande importance au bien-être de ses insectes. Il est contactable via son site Internet : www.littlefood.be.

- Les conditions de vie de son élevage sont optimales puisqu’il y fait chaud et sombre. Le grillon est en effet un animal qui vit dans la pénombre. Ils disposent en outre d’un support en caverne, similaire à ce qu’ils recherchent en liberté.

- L’observation d’une possibilité de croissance jusqu’à la taille adulte « sauvage » est un bon indice du bien-être des grillons élevés ici.

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Ceci étant posé, l’objectif de ces élevages reste bien sûr la consommation des animaux. Et c’est donc, plus largement, la question des conditions d’élevage qui est posée. A ce titre, l’intérêt de l’agriculture urbaine et des circuits courts est de rapprocher les consommateurs des producteurs, ce qui garantit un contrôle social qui n’existe pas dans les circuits longs et les productions industrielles.

La production alimentaire urbaine permet aussi de reconnecter les habitants des villes à la terre productive qui, chez nous, se situent en-dehors des villes. Au Japon, au contraire, les villes intègrent davantage les parcelles d’exploitation agricole au sein du tissu urbain.

Ceci dit, l’agriculture urbaine pose encore de nombreuses questions : quelles surfaces les villes devraient-elles libérer, et selon quel cadre juridique ? La pollution est-elle un frein à l’agriculture urbaine car les végétaux ainsi produits capteraient les éléments polluants ? Etc.

Nous continuerons bien sûr de suivre cet important sujet dans nos prochaines newsletters.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter les actes du Symposium dédié à l’agriculture urbaine, qui s’est tenu à Bruxelles au mois de mars dernier, organisé par l’IBGE et Groupe One.

 

Jérôme Veriter et Arnaud Grégoire

 

Une petite brasserie bruxelloise pour des bières atypiques

Sébastien Morvan présente le projet original Beer Project : une brasserie qui a pour ambition de créer des bières atypiques, réalisées en co-création avec le public qui les boit. Les bières sont bien ancrées dans la tradition belge, mais sont aussi ouvertes sur les influences extérieures. Beer project a ses racines à Bruxelles et cherche à installer son infrastructure de brassage sur le territoire bruxellois.